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Revue républicaine
Exclu de la course présidentielle, le candidat gaulliste est à la recherche d’un rebond Nicolas Dupont-Aignan devrait finalement se rallier à François Bayrou dimanche 18 mars 2007 Nicolas Dupont-Aignan, exclu de la compétition présidentielle faute d’un nombre suffisant de parrainages, va-t-il se rallier à François Bayrou ? C’est en tout cas la rumeur qui court depuis quelques jours, aujourd’hui confortée par les propos que semble avoir tenus le président de Debout la République lors du conseil national de son mouvement, réuni hier avec ses partenaires. Henri Fouquereau, président du Mouvement démocrate français et secrétaire général du Forum pour la France, a en effet annoncé qu’il quittait le tour de table en raison de l’intention que NDA aurait manifestée d’appeler à voter François Bayrou si ce dernier lui assurait un ministère « qui ne soit pas celui du Chou farci » en cas d’élection. C’est aussi ce que qu’indique en creux Christian Després, délégué du mouvement DLR pour la Champagne-Ardenne, proche de Nicolas Dupont-Aignan, et candidat gaulliste aux élections législatives en Haute-Marne, qui explique ce dimanche que le chef de file de DLR « compte bien s’imposer au centre en s’appuyant sur son mouvement politique », fort aujourd’hui de 10 000 adhérents [1]. La rumeur du ralliement circule en fait depuis plusieurs semaines. Elle avait d’ailleurs été fermement démentie par Nicolas Dupont-Aignan lui-même le 5 mars dernier : « Etant en passe de recueillir les parrainages nécessaires, je ne me situe pas du tout dans la perspective de soutenir François Bayrou ni tout autre candidat », affirmait-il dans un communiqué [2]. Pourtant, depuis quelques jours que la course aux parrainages semble perdue, l’hypothèse est réapparue et prend corps. Nous savons déjà que, Corinne Lepage s’étant retirée de la course et ralliée au président de l’UDF quelques jours avant terme, des discussions ont eu lieu avec l’entourage de Nicolas Dupont-Aignan pour négocier un report des parrainages. Depuis ces premiers contacts utilitaristes, la réflexion se poursuit : et si le trublion béarnais devenait un allié malgré lui ? Premier facteur de complicité : François Bayrou cherche à créer aujourd’hui les conditions effectives d’une rupture avec la ligne de partage qui structure la vie politique française depuis cinquante ans. Les républicains qui ont toujours été tenants de la réunion des « deux rives » sont naturellement sensibles à cet aspect et le fait qu’il s’agisse d’une simple posture de campagne de la part du président de l’UDF ne suffit pas à les échauder. M. Bayrou est en effet devenu, en toute hypothèse, un appui de choix aux forces qui tentent, sincèrement ou non, de faire voler en éclat un clivage gauche-droite objectivement épuisé. M. Dupont-Aignan pourrait donc envisager de se mettre dans sa roue, pour continuer à profiter de ce « courant refondateur » auquel, à sa manière, il tente également de contribuer. Telle est l’analyse que certains, au sein du mouvement Vive la République, mettent en avant : « Depuis Chevènement en 2001, nous n’avons cessé de faire prévaloir le nouveau clivage sur la base de cette décomposition. Cela a tout de même été notre objectif numéro un ! Un rapprochement avec Bayrou nous placerait, de ce strict point de vue, en phase avec ce qu’attend une grande partie des Français » , avoue Patrick Guiol, membre du bureau de VLR. Pour aller plus loin, François Bayrou, s’il était élu face à Nicolas Sarkozy, aurait sa victoire assise sur une contradiction profonde : défenseur d’un modèle européen fédéral et mondialiste, il serait élu par ceux qui refusent précisément cette voie d’approfondissement du néolibéralisme. Situation intenable sans imposer une dialectique nouvelle qui passe par un positionnement soit de synthèse soit de rupture avec les nationaux-républicains héritiers du Non au traité constitutionnel européen. C’est en faisant ce pari que NDA entrevoit une double opportunité : au mieux, il négocie un compromis sur le point essentiel de divergence — l’Europe — et les gages de ce compromis — un ministère pour Dupont-Aignan et des investitures communes aux législatives ; au pire, il assure une continuité à son combat politique en se situant, face à Bayrou, sur la nouvelle ligne de fracture que le candidat UDF aura instaurée. Cette stratégie ambitieuse et ultra-risquée n’est cependant viable que si François Bayrou se retrouve au second tour en ayant devancé Ségolène Royal, s’il est effectivement élu et s’il démontre enfin qu’il est capable, sur le champ de ruines qu’il aura créé, de reconstruire un environnement nouveau. Entre question de survie pour Nicolas Dupont-Aignan — assuré désormais d’avoir un candidat UMP face à lui dans sa circonscription de l’Essonne — et coup à jouer pour précipiter la recomposition du paysage politique français, bref entre tactique et stratégie, l’avenir du candidat gaulliste et républicain n’a jamais été aussi improbable.
Frederic BECK __________ [1] Source : Michel Tanner, « Nicolas Dupont-Aignan va très probablement appeler à voter Bayrou », Doulevant.info, 18 mars 2007. [2] Voir : Dupont-Aignan dément formellement les rumeurs de ralliement à François Bayrou. Article visité 2432 fois. |
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