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Revue républicaine
Humeur Au suivant ! vendredi 12 mars 2010 Petit jeu pour trente-cinq millions d’électeurs : deviner les projets de l’oligarchie à notre égard. C’est facile, gratuit, et cela ne peut rien rapporter, à part la satisfaction de savoir à quelle sauce nous serons apprêtés. Mais par ces temps de morosité, se sentir sagace est déjà savoureux et permet de reprendre un peu de confiance en soi. Testons la méthode sur la préparation des élections présidentielles, qui a déjà commencé ! Cas n° 1 : L’oligarchie nous repasse Sarko. Cet hurlusconi est un peu usé mais fait toujours rire, et a l’avantage de ridiculiser la France à l’étranger. L’authentique Berlusconi caracole cependant encore largement en tête, mais la course se poursuit. Cas n°2 : Sarko est considéré comme trop démonétisé, et ayant dit, dès le jour de son élection, que la présidence de la minuscule république française n’était pour lui qu’une étape préliminaire de la course au fric, il est libéré du service et part devenir avocat d’affaires à New-York, montrant ainsi aux Français où est leur avenir. Il a bien gagné ses dividendes, et a bien mérité de l’apatride en réintégrant la France dans l’OTAN et en faisant ratifier le traité de Lisbonne. Plus quelques autres gâteries contre la justice et la cohésion sociales, dont on lui saura gré. En ce cas, c’est Strauss-Kahn qui est pressenti pour passer du poste de ministre des finances de la gouvernance mondiale à celui de gouverneur du district de France. Un garçon bien à tous égard, responsable, expérimenté, ayant l’oreille de la finance et juste assez gaillard pour montrer qu’il n’a pas froid aux sourcils. Un homme, un père, un protecteur. Comment deviner qui est le candidat désigné ? C’est très simple, il suffira de regarder qui passera à la télé au cours des prochains mois. Dans le premier cas, nous verrons les hommes au couteau entre les dents, Besancenot et Mélenchon, surtout le premier, bouffon gauchiste inoffensif chargé d’égayer nos soirées en faisant courir de longs frissons d’horreur le long des échines des téléphiles. Il fera son numéro avec autant de brio que feu Georges Marchais de glorieuse mémoire. Dans le second cas, nous verrons émerger Dupont-Aignan et Villepin, chargés d’égarer les patriotes sur des voies de garages, et Marine Le Pen, qui n’est pas aussi télégénique que son père ni que l’ineffable Gollnisch, mais qui peut faire quand même très bien, si on l’y pousse adroitement, pour jouer la chef de chœur de la gauche bêlante. Toute la boboterie entonnera l’inusable refrain : « Le fascisme ne passera pas ! » Cohn-Bendit sera parfait dans le rôle du Dalaï-Lama, chargé de rassembler les gauchistes, qui ne peuvent tout de même pas, en conscience, voter pour une incarnation du Kapital, mais se rallieront, le cœur gros, au deuxième tour, pour empêcher le fascisme de refaire la Guerre d’Espagne. Comme le rouge-vert est de nationalité teutonne, on le flanquera d’une candidate de paille au sourire éclatant, si possible berbéro-vénézuélienne ou luxembourgo-camerounaise. Ainsi, la Gauche unanime, d’un bel élan libertaire, empêchera de nuire l’hydre enfantée par la bête immonde. Elle élira donc le successeur désigné par les oligarques, qui fera ce qu’on lui dira de faire, comme Bush, Blair, Sarko ou Obama. Lorsque nous serons fixés sur le choix fait par l’oligarchie, la question tactique qui se posera sera le choix de la brêle destinée à se faire battre. En 2007 ce fut Ségo, qui profita opportunément de retraits et de ralliements spontanés, ainsi que d’adhésions à trois francs cinquante, histoire de diluer le capital. Qui sera le clampin ou la clampine de service ? Le suspens sera intéressant. Notez que l’oligarchie a fait très fort aux dernières élections étasuniennes : mettre d’un côté une femme (qui avait magnanimement pardonné à son mari d’avoir caressé une stagiaire) ou un noir qui passerait pour blanc au Kenya, et de l’autre un septuagénaire cancéreux flanqué d’une demi-folle allumée à la graisse d’ours dont elle lubrifie ses armes à feu : ce fut une manœuvre admirable ; un chef-d’œuvre du genre. Le clou du spectacle fut le moment de la révélation publique de son cancer par le vétéran, suivie de près de celle des galipettes de la fille de la pétardière. Très fort, très, très fort. Plus récemment, le coup du prix Nobel de la paix fut excellent, lui aussi. Le nombre d’attaques par drones a depuis été multiplié par huit et les cortèges des noces sont devenus très animés. C’est pas tous les jours qu’on rigole, comme disent les Afghans dans leur dialecte sassanide.
Christian DARLOT Article visité 1312 fois. |
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