Revue républicaine
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Appel

« Pour une action mondiale pour le français et la Francophonie »

mardi 21 mars 2006

 

Pourquoi cet appel ?

Les dirigeants des pays francophones — dont la France — laissent le français, « langue de la République », langue maternelle et de cohésion nationale au Québec, en Wallonie, officielle dans bien d’autres pays, céder chez eux à l’anglais dans des secteurs vitaux : entreprises, brevets, colloques et publications scientifiques. Les ministères, à Paris, travaillent sur des documents envoyés uniquement en anglais par Bruxelles, qui viole sa propre réglementation.

Le français est une des grandes langues de la mondialisation, mais son soutien à l’étranger par les pouvoirs publics faiblit à mesure de la diminution de leurs crédits aux enseignements nationaux et bilingues, ainsi qu’aux importants réseaux d’instituts culturels, d’écoles...

Autour et au-delà d’elle, cette « langue en partage » a donné vie à une grande idée : la Francophonie. Une communauté francophone s’est constituée depuis 1960 (indépendances africaines et « révolution tranquille » du Québec). Elle se structure depuis 20 ans en une Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Elle comprend 63 membres de tous continents et cultures, dont moins de la moitié ont été administrés par la France ou la Belgique au cours de leur histoire. Elle résulte bien plus de la volonté de ses membres non français que de celle de la France. Elle affirme le français non contre l’anglais, mais dans le sens de la convention sur la diversité culturelle adoptée en 2005 par l’UNESCO, pour éviter une uniformisation désastreuse. Elle promeut des valeurs de liberté, d’humanisme, de droits de l’homme, de droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de démocratie, d’égalité de dignité des hommes et des femmes, des cultures en dialogue, dans la solidarité communautaire pour le développement. Elle veut, dans la mondialisation, montrer à l’humanité une autre voie, hors du « tout marchand », du « tout ayatollah » (de toutes religions !...), du « tout Coca-Cola », comme du « tout colonial ». Une voie plus conforme à l’humanisme que le « choc des civilisations ». Etre un antidote à cette menace est la plus grande espérance portée par la Francophonie,

Pourquoi en cette année 2006 ?

Parce qu’elle est « année Senghor », en fait de la Francophonie. Manquer cette célébration faute de gestes marquants illustrerait l’abandon du grand dessein. Car cette grande idée est menacée de mort, ensevelie sous les mots fleuris des « colloques Senghor » et autres « Francofffonies ». D’abord parce que la France ne prend pas la Francophonie au sérieux. Trop de ses « élites » ignorent ou nient la demande mondiale de France, oublient de servir sa langue, cultivent la parcimonie dans la solidarité pour le développement entre pays francophones, et ont la dangereuse monomanie de l’« Occident » américain. Cette année, parce que les déceptions, çà et là dans le monde francophone, se font plus fortes. Cette année parce que de grandes voix étrangères et françaises (Claude Hagège : Combat pour le français...) viennent de sonner l’alarme et appellent des actes. Cette année, parce que la révision annoncée de la Constitution française permet d’y faire une place à la Francophonie, à côté de l’Union européenne déjà présente, et d’affirmer, aussi en vue des élections de 2007 et 2008, que la France accepte de construire une forme d’Europe, mais, comme d’ailleurs la Grande Bretagne, sans sacrifier son « grand large ». Cette année enfin, parce que le XIe sommet, en septembre à Bucarest, a besoin d’un contenu mobilisateur, de marquer le réveil et l’essor du français et de l’idée francophone.

Des actes forts, maintenant

Nous appelons les Chefs d’Etat à décider ensemble de rendre la Francophonie plus visible aux yeux du monde, d’abord à ceux de leurs peuples. De camper son drapeau dans les cérémonies officielles à côté des drapeaux nationaux, fédéraux, européen... Nous appelons la France à introduire dans sa Constitution la phrase élaborée par nos associations après 1992 avec M. Maurice Schumann, et rappelée par M. Claude Hagège : « La République participe à la construction d’un espace francophone de solidarité et de coopération. » A affirmer ainsi sa volonté d’assumer dans l’avenir son double engagement historique de « marcher sur les deux jambes » : Europe et « grand large » dans sa politique extérieure. Nous appelons les pays francophones membres de l’Union européenne à exiger le respect par Bruxelles de sa propre réglementation linguistique. Le respect passe par son travail en français avec les ministères français, par exemple, auxquels il faut enjoindre de renvoyer à Bruxelles tous documents de travail reçus uniquement en anglais. Le respect passe par le plurilinguisme des brevets. Aussi par l’adoption du français (langue importante à la Cour de Justice) comme langue de référence juridique de l’Union. Nous appelons ces mêmes pays à introduire dans leurs systèmes éducatifs l’apprentissage à égalité de deux langues étrangères vivantes. Nous appelons les pays africains de langue officielle française à exiger le traitement en français de l’aide au développement qu’ils reçoivent de l’Union européenne. Nous appelons les pays les plus riches de la Francophonie à accorder désormais, dans leur aide au développement, une priorité forte à ses membres, au nom d’une solidarité privilégiée. Nous appelons tous les membres de la communauté francophone à donner chez eux à la langue française, dans leur enseignement, leurs media et leurs communications officielles, diplomatiques, un statut de droit et de fait au moins équivalent à celui de toute autre langue étrangère, non nationale, sur leur sol : clause de « la langue étrangère la plus favorisée ».

Signataires au nom des associations émettrices (Forum francophone international, Forum pour la France, Phénix et Avenir de la langue française) : Henri Fouquereau, secrétaire général du Forum pour la France ; Michel Guillou, ancien recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie, président du « groupe de réflexion Phénix » ; Gaston Laurion, professeur émérite de l’université Concordia du Québec, secrétaire général du Forum francophone international-Québec ; Alfred Mignot, journaliste, secrétaire général du Forum francophone international-monde ; Albert Salon, ancien ambassadeur, président d’Avenir de la langue française et du Forum francophone international-France.

Signataires des autres associations portant l’Appel : Claudio J. M. d’Alelio, président d’Alliance pour les Etats-Unis d’Europe (Italie) ; Jacques Allard, président de l’Académie des lettres du Québec ; Jérôme Baloge, président de Jeune Francophonie ; Jacques Barrat, professeur des universités, président de l’Alliance des enseignants et chercheurs francophones ; Claude Beaulieu, président du Comité Valmy ; Jacques Bergeron, président de la section Ludger Duvernay de la société Saint-Jean-Baptiste-de-Montréal ; Jean-Paul Bled, professeur des universités, président du Rassemblement pour l’indépendance et la souveraineté de la France (RIF) ; Dominique Daguet, écrivain, prix de poésie, président de l’association éditoriale de défense et illustration du français Cahiers Bleus (Troyes) ; Raphaël Dargent, président du Cercle Jeune France et directeur de la revue Libres ; Jacques Dauer, président d’honneur de l’Académie du Gaullisme ; Marceau Déchamps, vice-président de Défense de la langue française ; Bernard Dorin, ambassadeur de France, président des Amitiés francophones ; Jean Dorion, président général de la société Saint-Jean-Baptiste-de-Montréal ; Jean-Guy Dubois, président du RCPF, Présence et Action du gaullisme, Midi-Pyrénées ; Nicolas Dupont-Aignan, député (UMP), président de Debout la République, candidat à l’élection présidentielle ; Emmanuel Dupuy, président de l’Union des républicains radicaux (U2R) ; Henri Fouquereau, président du Mouvement démocrate français ; Gérard Goussiès, président de Rénover la République ; Jean Guion, président de l’Alliance francophone ; Philippe Marini, sénateur (Oise), maire de Compiègne, président du groupe d’amitié France-Québec et rapporteur du budget au Sénat ; Daniel Miroux, président de l’Alliance Champlain (Nouméa, N.-C.) ; François Morvan, président de Vive la République ; Jacques Myard, député, président du Cercle Nation et République ; Jean-Paul Perreault, président de l’association québécoise Impératif français ; Robert Potier, professeur des universités, président d’honneur du Rassemblement pour la France ; Thierry Priestley, président de Droit de comprendre ; Pierre Pujo, président de l’Action française ; Régis Ravat, président de l’Association Francophonie-Avenir ; Raymond Savard, président de la Société nationale des Québécois et Québécoises de l’Outaouais (Québec) ; Claude Thayse, président (à Bruxelles) du Rassemblement Wallonie-France et du Rassemblement Bruxelles-France.

Personnalités signataires à titre personnel : René et Annick Archenault, Mouvement démocrate français et Forum pour la France ; Frédéric Beck, directeur de la Revue républicaine, vice-président d’Appel d’R ; Georges Berthu, ancien député français au Parlement européen ; Robert Bertrand, rédacteur de Québec, un Pays ; Alain Bideau, directeur de recherche au CNRS ; Geneviève Blache, RIF de PACA ; Jean-Paul Bled, professeur des universités ; Russel Bouchard, historien (Québec) ; Philippe Bourcier de Carbon, démographe ; Jean-Pierre Busnel, président de l’Institut André-Busnel ; Jean Charbonnel, directeur de La lettre d’Argos, ancien ministre des présidents Charles de Gaulle et Georges Pompidou ; Alain Chevalérias, rédacteur en chef de L’Echelle des valeurs ; Pierre Clavé, président de Croiser les savoirs pour faire savoir ; Alain Corvez, colonel, études stratégiques ; Michel Debray, amiral, ancien président de l’Institut Charles-de-Gaulle ; Béatrice Decoster-Mallet, Fondation de la France Libre ; Jacques Derenne, général, Forum pour la France ; Charles Durand, essayiste et ancien directeur de l’Institut francophone d’informatique à Hanoï (Vietnam) ; Stélio Farandjis, professeur des universités, ancien secrétaire général du Haut-Conseil de la Francophonie auprès du président François Mitterrand ; François-Marin Fleutot, Compagnie d’Artagnan et Planchet, et FFI-France ; Pierre-Marie Gallois, général, ancien conseiller en stratégie du général de Gaulle, et Forum pour la France ; Claude Gaucherand, contre-amiral (2S) ; Stéphanie Gaucherand, chercheur au CEMAGREF ; André Gaulin, professeur émérite, université Laval (Québec) ; Denis Griesmar, traducteur, administrateur du Forum francophone international-France ; Alain Kerhervé, président de Gaullisme ; Jean Lapointe, professeur des universités (Montréal) ; Bernard Lecherbonnier, écrivain, professeur des universités ; Jean Le Garrec, député, ancien ministre ; Jean-Marc Léger, ancien directeur du Devoir à Montréal, ancien secrétaire général de l’Agence universitaire et de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, ancien délégué général du Québec à Bruxelles ; Pierre Maillard, ambassadeur de France, ancien conseiller diplomatique du général de Gaulle, Forum pour la France ; Jean Matthyssens, ancien représentant personnel du président François Mitterrand aux sommets de la Francophonie ; Dominique Noguez, écrivain ; Jacqueline Picoche, professeur des universités ; Michel Pinton, ancien président de l’UDF ; Gilles Rhéaume, ancien président de la société Saint-Jean-Baptiste-de-Montréal ; David Saforcada, ancien président de France bonapartiste ; Raymond Savard, écrivain, administrateur du FFI-Québec ; Geneviève Seguin, proviseur agrégé honoraire, journaliste ; Margie Sudre, ancienne ministre de la Francophonie, députée française au Parlement européen ; François Therrien, journaliste (Québec) ; Alain Vivien, ancien secrétaire d’État aux Affaires étrangères, vice-président d’Avenir de la langue française ; Marie-Mance Vallée, administratrice du FFI-Québec ; Françoise Zemmal, coordinatrice du Cercle de recherche du général Gallois.


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